La disparition de Claude Peron laisse un grand vide pour tous les treizouriens qui connaissaient sa signature autant que son sourire. Claudio, comme il avait choisi qu’on l’appelle, est parti par une nuit de novembre.
Il confiait volontiers que quand il était arrivé à Douarnenez, il y a une quinzaine d’années, il ne “connaissait rien aux bateaux” et plus que ceux-ci, c’était celles et ceux qui naviguent qui lui importaient.
N’empêche, cet ancien séminariste de Pont-Croix, devenu chauffeur routier en Savoie pour faire vivre sa famille était devenu au fil des ans et des manifestations une figure incontournable de Treizour.
Si il prenait part à tous les chantiers, il ne pouvait être question de bateaux “pop pop” sans qu’il ne soit cité. C’est lui qui assurait la navigation de ces bateaux animés à la flamme d’une bougie pour le plus grand plaisir des apprentis navigateurs.
Pour autant Claudio ne restait pas à quai et était qualifié chef de bord, même si comme le remarqua un orateur lors de l’hommage rendu à Claude “ il ne savait pas faire un noeud de chaise”.
Une foule impressionnante était présente à l’hommage rendu au Hangar de Treizour pour accompagner ce fidèle compagnon.
Claudio, c’était aussi un regard espiègle, un large sourire, une bienveillance immédiate.
Ce sont les premiers mots de Gaëlle de la SRD, le mardi 5 août, quand je lui annonce que Treizour ne pourra pas participer, cette année à la Penn Sardin Series du 10 août
« Quel dommage, Claude, car vos bateaux ont toujours beaucoup de succès, et ça fait de belles photos… »
« Ouais, Gaëlle, mais, cette année, Telenn est sur la cale de carénage pour inspection, Joséphine est en vadrouille avec Maud et le Carrousail, pas sûr que la restauration d’An Alarc’h sera finie pour dimanche, et nous n’avons pas de chef de bord pour notre yole de Bantry « Volonté »…
Du coup je raccroche car: à l’impossible nul n’est tenu. Mais, je ne sais pourquoi, je la rappelle 5 minutes plus tard…
« Ecoute Gaëlle, on est mardi, il reste 5 jours, on raconte des histoires de bouteille à la mer, je vais essayer. Peut-être qu’on peut sortir seulement à l’aviron pour que vous ayez au moins un joli bateau de patrimoine sur le plan d’eau… »
Et j’envoie un mail à tous les adhérents de Treizour qui commence par ces mots : « Je viens de recevoir un message de la SRD qui se désole qu’aucun des bateaux de la plus belle association nautique de Douarnenez ne participe à la prochaine Penn Sardin Series de dimanche… » Ok, ce ne sont pas tout à fait les mots de Gaëlle, mais j’ai interprété leur esprit…
La première adhérente à trouver « la bouteille » fut Marilyn, suivi de Didier qui m’offaient leurs bras… Un coup de fil de Jean-Claude qui dit qu’il va émettre un framadate: nous voilà 4 ! C’est bon, je vais pouvoir dire à Gaëlle que j’ai essayé, mais on ne sort pas la yole à 4 ! Ouf, pour un mot imprudent à Gaëlle, j’ai cru que j’allais devoir organiser cette sortie… Une sortie de yole organisée par Claudio, franchement, on va où, là…!!!
Et puis, jeudi vers 17h, comme après chaque animation de godille sur les estacades du musée, on va se boire un coup au Tribord; ce jour-là, il y avait Marilyn et Jean-Bernard, et j’avais invité Amandine B. que je n’avais pas vue depuis quelques jours, à nous rejoindre. Je raconte mon idée stupide de sortir dimanche à l’aviron avec la yole en précisant qu’on ne va pas pouvoir le faire, car nous ne sommes que 4 ! Mais non, tu n’as pas dû regarder le framadate dit Jean-Bernard, nous sommes 7, en plus Isabelle s’est inscrite et je vais demander à Françoise de venir aussi: ça fera 8… Ah, dit Amandine: si vous cherchez des équipiers, moi j’ai la famille de Sophie et Marco de Lyon qui est là, ils sont 5… Ben voilà, on en est à 13, c’est malin, merci les copains !!! je fais quoi, moi, maintenant ?? C’était juste un joke…
« Allo Gaëlle, ben tout compte fait, on va sortir avec Volonté, même Isabelle sera là. Elle va rentrer plus tôt de son week-end, mais laissera Marilyn être cheffe de bord. Du fait de l’équipage peu expérimenté nous ne participerons pas à ta régate, mais Treizour sera sur l’eau… »
« C’est trop bien, Claude ! vous êtes mes invités, je peux même te donner un drapeau de la SRD… »
Ben, c’est ainsi que le dimanche à 13h30, nous nous sommes retrouvés, à 13, à embarquer sur Volonté au ponton de Tréboul… Et puis, au moment du « 4heures », Gaëtan a dit: on pourrait pas se baigner ?Ben si ! qu’on a dit…
Une minute après, il était dans l’eau, suivi par Marco et Didier… Quant à Théo, comme vous pouvez le voir sur la première photo, il avait choisi les airs avant de goûter au bonheur de se retrouver dans l’eau de la baie de Douarnenez… A entendre la satisfaction de tous, ça n’était pas si con comme idée… Ah, cette asso de Treizour, quand même !!!
Je laisserai le dernier mot à Gaëlle qui m’a envoyé cette « super » photo, prise depuis le Rheun. Je suppose qu’elle a voulu photographier son drapeau, ou pas…
Tout a commencé par une sérénade, celle de troubadours-charpentiers de marine, de la dernière cuvée des Ateliers de l’Enfer, escortés d’un trublion berlinois. Juste avant l’aube, ils sont venus rendre hommage au bateau ambassadeur de Douarnenez, An Eostig (Le Rossignol en breton) en partance pour Sein, avec un équipage de Treizour. Pour rallier l’île, dans une lumière encore incertaine, la chaloupe à la coque noire et aux voiles cuivrées met le cap sur… la rade de Brest ! Les marins savent que le meilleur chemin est celui qui permet de retrouver les amis, même si c’est un gros détour ! Car en ce samedi 28 juin, la grande famille des vieux gréements a rendez-vous bien plus au nord, au port du Tinduff, avec une de leurs figures tutélaires : Notre Dame de Rumengol, qui souffle ses 80 bougies. Un an après les fêtes maritimes de Brest et Douarnenez, les 11 équipiers menés par leur capitaine Nicolas Corre, aka « Choco » se réapproprient en douceur grâce à un vent léger (trop parfois) ce Rossignol exigeant aux dimensions XL où l’effort se doit d’être collectif et hautement coordonné. Passés les Tas de Pois, puis le goulet de Brest, et après la visite surprise d’une « sardine » à la coque en inox étincelante qui voulait recroiser la route de « Don Choco » et du Rossignol, c’est un Tinduff rempli de voiles traditionnelles qui apparaît à l’horizon. Au milieu de ses vieux amis, Notre Dame de Rumengol, pimpante après son passage au chantier du Guip à Brest, tire des bords avec allégresse. Au moment de se croiser, An Eostig entonne à plein poumon un « Joyeux aaaaaanniversaaaaaire », à la grande joie des amis du bord d’en face ! Volonté, la yole de Bantry de Treizour est aussi de la fête, tout comme Gondawa des Charpentiers de grève. Le plan d’eau vibrionne : ça régate, les bras s’agitent, les visages s’illuminent, les manœuvres s’enchaînent… Encore quelques pirouettes dans le port du Tinduff, et le Rossignol fait sa première pause, presque 14 heures après son départ, sur la bouée prêtée par le beau coquillier de la rade Loch Monna. Il s’endort sous une pluie d’étoiles, bercé par les notes chaleureuses du bal Floc’h. Dimanche, sur une mer qui scintille sous les premiers rayons du soleil, An Eostig repart vers son objectif initial. Entre un vent décidément faible et la nécessaire attente du bon moment de la marée pour accéder à l’île de Sein, sertie de récifs, la navigation s’étire de longues heures. Enfin la silhouette de son phare majestueux noir et blanc se profile. Le plus dur reste à faire : entrer dans le chenal et trouver notre place dans le port. Au son des annonces de profondeur d’eau et des instructions du capitaine à la barre, la concentration atteint son paroxysme pour se faufiler entre rochers, bouées et petites embarcations. Après une série de virements serrés et le jet de l’ancre, la chaloupe s’arrête d’un coup à quelques mètres du quai, avec une précision saluée par une salve d’applaudissements. Les (nouvelles) béquilles sont aussitôt mises en place pour permettre l’échouage en toute sécurité du navire qui révélera par la même occasion ses courbes parfaites à marée basse. Après deux jours intenses de navigation, le lundi c’est relâche. Le bateau s’éparpille pour mieux se retrouver plus tard. Sur le quai, les questions fusent, tout comme les photos. L’équipage explique avec plaisir l’histoire de cette chaloupe emblématique, sortie en septembre 2023 des chantiers de rénovation du Port-Musée et qui n’avait pas navigué pendant 30 ans. Les Sénans ont l’habitude de voir Telenn Mor, mais An Eostig, c’est une rareté, et personne ne boude son plaisir. Mardi, le Rossignol a rendez-vous avec une autre légende : Ar-Men. Encore une navigation exigeante, qui prendra une bonne journée et nécessitera toute la dextérité du capitaine et des deux cartographes. Quand sous son plus beau jour, loin de sa réputation d’« Enfer des enfers », le phare mythique s’élève à quelques encablures d’An Eostig, l’émotion est palpable. Au retour, pour fêter cette journée hors du commun, une tournée d’huîtres est dégustée au pied du phare de Sein. Car si la vie sur les chaloupes, dépourvues de tout confort ou intimité, impose la plus grande simplicité (et une bonne entente), il est un point sur lequel les équipiers de Treizour transigent rarement : la qualité des repas, assurés chacun son tour. Toujours gourmands, gastronomiques même parfois, mais sans jamais rien gaspiller. Réinstallés dans le port de Sein pour une dernière nuit, la petite équipe plus soudée que jamais se dirige vers le Guéveur, la corne de brume désormais désaffectée, pour admirer le coucher du soleil. Sous un ciel nuageux, il se résume finalement à une rayure. Rose fluo ? Non… « fushoua ! » lance soudain un coéquipier, déclenchant un fou rire qui mettra du temps à s’éteindre… jusqu’à ce qu’Ar-Men s’allume, sous nos yeux et dans nos coeurs où ces trois éclats toutes les 20 secondes ne seront plus jamais de simples petites lumières à l’horizon. La nuit est encore jeune comme disent les anglais-saxons et elle se referme sur une soirée pleine de joie où il fut question, entre autres, d’une boîte de gâteaux Traou Mad, de vanille, d’une invasion de Huns, d’un escargot en plein record de vitesse, d’un petit sushi et d’une frite dans un coin… La navigation de retour nous ramène sur terre… avec une sortie tonique du port. Les voiles sont réduites au minimum (5 ris chacune) pour donner le moins de prise possible à un vent bien réveillé. Le raz de Sein facétieux est en mode gros bouillon et la baie de Douarnenez nous accueille avec une franche houle, surfée avec grâce par la belle coque en bois d’An Eostig. Le voyage se termine par une figure de style comme Choco en a le secret : un tête à queue créneau exécuté au millimètre, en un coup, au ponton de Treboul, sous les vivats de son équipage fier et heureux d’avoir fait voler une nouvelle fois le Rossignol de Douarnenez.
Niina et Maud ont pour projet de faire voyager le manège « Hipponette » durant l’été 2025 sur les côtes de Bretagne Sud.
Le transport du carroussel s’effectue sur une flottille de quatre bateaux à voiles traditionnels (dont Joséphine) de début juin à mi-septembre.
Le 1er mai, un chargement a été effectué pour s’assurer que le carrousel démontable pouvait trouver sa place à bord.
Des escales, d’une semaine à un mois, seront organisées dans différents ports du Finistère sud et du Morbihan.
Thérèse et Joséphine à Ste Marine
A ce jour, voici ce qui est prévu pour Joséphine :
6/06 au 30/06 ou 10/07 : Joséphine est disponible au départ de Sainte-Marine. Avis au chef.fe.s de bord : profitez de ce bassin de navigation et de la proximité des Glénan !
du 10/07 au 15/07 : transport du Carrousel de Sainte-Marine à Séné (équipage réduit),
du 16/07 au 27/07 : Joséphine est disponible au départ de Séné. Avis au chef.fe.s de bord : profitez du plan d’eau et des iles du golfe !
du 28/07 au 1/08 : transport du Carrousel de Séné à Pont-Aven (équipage réduit),
du 2/08 au 17/08 : Joséphine est disponible au départ de Pont-Aven. Avis au chef.fe.s de bord : une belle occasion de tirer quelques bords dans les rias du sud Finistère !
du 18/08 à fin aout : transport du Carrousel de Pont-Aven à Penmarc’h puis retour à Douarnenez.
Nota : du 30/06 au 18/07 : il est possible qu’il y ait une escale dans un autre port (Hennebont ou ports du Golfe du Morbihan). Un mail sera envoyé sur la mailing liste adhérents dès que toutes ces dates seront confirmées.
Ce dimanche à 14h, après un recrutement un peu laborieux, nous voilà tous à bord et une fois installés, Claude fait une revue d’effectif. Il y a Marilyn, de loin la plus confirmée. Virginia, Françoise, Elyane, Claudio et Jean-Christophe qui ont une « certaine » pratique. Pour Céline et Didier, c’est une découverte. Quant à Béatrice, elle connaît tout de la navigation à la voile, mais découvre aussi la yole.
Précaution liminaire avant d’aller plus loin dans ce récit: vu le grand âge du rédacteur, les prénoms ne correspondent pas toujours aux actions qui leur sont attribuées, mais tous les faits relatés, eux, sont authentiques… En gros caractères noirs, les ordres de Claude et en italiques, les questions « avisées » des équipiers…
Donc, après les présentations d’usage, Claude se lance dans les consignes de base:
« Il faut savoir que sur tous les bateaux il n’y a ni droite ni gauche, il y a tribord et bâbord…ok ?? » On est tous ok, bien sûr: il nous prend pour des débiles ! « En revanche, sur une yole de Bantry, on ne parle pas à l’équipage, on parle aux avirons « . Par exemple, quand je vais dire: « bâbord, armez !, ça signifiera que les équipiers assis à bâbord ne bougeront pas mais que ceux assis à tribord devront se pencher pour saisir l’aviron situé à bâbord. Houla, ça se complique… Après, on a eu droit à: » avant partout » pour avancer, « scier » pour reculer, « lève-rame » pour arrêter tout mouvement, « pelles dans l’eau » pour freiner et puis « laisser courir » pour…. Houlala, ça c’est une autre histoire…
Ben, nous voilà partis. Après quelques 2, 2, 2 bien appuyés, Claude a dit :« Cadence du chef de nage »; Claudio, chef de nage, on aura tout vu…
Mais avant de dépasser le môle, 1er arrêt pour essayer le « laisser courir », en situation : « Françoise, est ce que tu pourras faire un nœud sur la bouée ? »Elle est où la bouée ?
« Tu vas voir, c’est la grosse boule blanche qui flotte devant nous, tu passes un bout dans un trou pour nous amarrer » Ben, on a réussi le fameux « laisser courir », elle a trouvé la boule et le bout et de quoi nous amarrer : succès total ! Après un rapide briefing, direction la haute mer. Les Alphajets de la patrouille de France nous survolent pour nous féliciter…, enfin, je crois…
Une fois que Claude a estimé que nous étions assez éloignés des cailloux de l’île Tristan, nous avons rangé les avirons pour hisser les voiles.. Marilyn, positionnée au mat de misaine a réclamé son Cotten avant d’être trempée jusqu’aux os… Il a fallu qu’elle se débrouille avec « On hisse la misaine : bâbord amures ! ». Avec elle, il y avait Béatrice, Françoise et Virginia, il a fallu un peu de temps, mais elles ont réussi… Par chance, Claude avait établi le tapecul ce qui nous a permis de ne pas trop se rapprocher de la côte.
En revanche, pour le taillevent, c’est devenu très vite trop compliqué… « Est-ce que quelqu’un pourrait barrer ? » Béatrice, en levant le doigt, a sauvé la situation ce qui a permis à Claude de s’occuper du taillevent. « On hisse le taillevent ! Attrape la drisse, non, ça c’est l’écoute… et toi tiens le guindant… » C’est quoi le guindant ?Et là, on a basculé dans l’irrationnel, et on y est resté quelque temps… Du coup, je vais me contenter de résumer avec les ordres de Claude !
Le vent s’était levé et il y avait du clapot. « On affale la misaine ! Est-ce que quelqu’un peut aller aider Marilyn! Jean-Christophe et Françoise se précipitent… « Non non, on ne gambeye pas, on affale, on affale pour prendre un ris… » C’est quoi un ris ?« Par rapport au vent, nous sommes surtoilés, donc il faut diminuer la surface de la voile.» Du coup, Virginia essaie d’expliquer à Céline le nœud de ris gansé et Didier regarde… « Bon, on rehisse la misaine, ok, c’est bon, on va empanner ! »
C’est quand qu’on rentre ? a demandé Claudio « C’est après le 4heures ! »
Donc, direction les Sables Blancs pour se mettre sur une bouée. Le bateau est bien réglé : Elyane est à l’écoute de taillevent sous la surveillance de Béatrice et Jean-Christophe et Céline à celle de la misaine…Tout baigne! Au fait, Claude, c’est pas un casier qu’on traîne, là ? a dit je ne sais plus qui… ça manquait à la journée !
Marilyn était à la manœuvre pour choper la bouée, Françoise avait profité de l’absence de Jean-Claude pour faire un far aux pruneaux et le cidre a bien arrosé tout ça…
Et nous voilà repartis. En arrivant vers le môle : « On affale le taillevent et on décroche le rocambeau de la vergue ! » C’est quoi le rocambeau ?« C’est le cercle en fer qui coulisse autour du mas quand on hisse les voiles et il y a un crochet qui le relie à la vergue : détache le !»
Malgré tout ça, nous sommes rentrés à la voile, pratiquement jusqu’au ponton…
La navigation, à bord de Joséphine, durant la Semaine du golfe a été ponctuée de belles rencontres en mer et autour d’une assiette. Par Laurence
Après une navigation tranquille de Port-Haliguen à Port-Navalo, nous sommes entrés dans le grand bain bouillonnant de la semaine du golfe. À couple avec des Italiens pour le déjeuner, à peine le temps de digérer que nous nous frayons un passage tant bien que mal au milieu de toutes ces coques vieilles et moins vieilles pour se faire une place dans la petite parade, avec un bon courant qui nous monte dans le golfe. Nous arrivons si vite à Port Anna, notre escale du soir, que nous ratons l’entrée et devons attendre la renverse pour retrouver notre mouillage !
Le lendemain, départ aux aurores avant la foule pour atteindre l’île d’Arz car nous nous sommes résolus à suivre les horaires des marées plutôt que celles des repas : plus sage pour notre monture.
Pas mal de vent pour le retour, on est contents de ne pas avoir le courant contre nous en plus d’avoir à tirer des bords pour atteindre le sud de l’île ! Le reste de la navigation se passe tranquillement, avec un œil attentif à la carte car nous sommes à marée basse de vives-eaux et nous ne voulons pas finir comme ces deux bateaux échoués croisés en chemin, et cette fois, nous atteignons notre mouillage sans encombre pour la relève d’une partie de l’équipage
À bord de Joséphine, l’entrée du golfe du Morbihan ne s’improvise pas. Ça me prend du temps, avec ces courants et renverses qui ne se font pas au même moment que la marée haute.. ! Et là faut être sûr de moi, cheffe de bord dans le golfe pour la première fois !
Le soir du 25 mai, Laurence, Joachim, Jules, Giuglia me rejoignent et c’est parti pour le pique-nique de Port Navalo. Comme il le faut, on se tanque en arrivant. La marée est montante, on se déhale sur l’ancre pour repartir. Et le Zod d’organisation nous aide beaucoup. Commentaire : « Ah, vous êtes passés trop près de la tourelle ! » et il repart. Bon, ça on l’avait remarqués aussi.
On se fait avoir par l’effet de groupe et on traîne un peu au pique-nique, ce qui fait qu’au départ on a du courant contre pour sortir de la baie. Je m’en souviendrai de celui la ! – Fait est que au final on se retrouve au milieu de tout le monde, à mi-marée par coefficient 94 à rentrer dans le golfe. Ouhou le toboggan ! Pourquoi on fait ça déjà ? On est un peu fou non ?
C’est magnifique, on fait coucou au copains sur les autres bateaux, émotion, émotion !
On est sensé atterrir à Port Anna, mais à mi-marée avec un bateau de 3 tonnes avec que 2 avirons et une godille on tente même pas l’entée contre courant. On atterrit sur une bouée derrière les Sinagot. C’est bien notre place à nous !
Le lendemain on fait le tour de l’île d’Arz avec le pique nique traditionnel. On part deux heures avant la flottille pour faire le tour tranquille avec le courant dans le bon sens. Parfait !
Le soir je laisse ma place aux prochains, avides de naviguer. Merci Jojo, et merci à tous ceux qui ont embarqués, vous étiez magnifique dans cette aventure !
Comment, parfois, les choses ne se passent pas comme prévu. Par Julie
Changement d’équipage à Port Louis le vendredi 23 mai. Marie, Jules et Aubin me rejoignent dans l’objectif de passer la nuit à Groix, pour un départ le lendemain vers le sud. On se lève de bonne heure pour sortir du chenal avec le courant dans le bon sens et c’est parti !
Jusqu’à ce qu’un petit détail saute à l’œil de Jules, notre charpentier expérimenté : le scarf du mat est en train de dépasser latéralement, avec le taille-vent qui tire de l’autre coté ! Affalage immédiat de la voile. Et la question se pose : « qu’est-ce qu’on fait ? » On est pas serein de continuer avec ce mat : retour à Port-Louis. Chose importante : on mange. Et on appelle les amis ! Des conseils une offre adorable de Maxime et Nicolas à Lorient de réparer le mat sur place dans le week-end.
Et finalement arrive celui qui nous sauve en cas de panne de mat : le SOS secours mat Jacques Van Geen. Il amène le mat d’origine plus petit, on change les mats de place, on découpe le grand mat le long du scarf pour le raccourcir et hop, un nouveau mat dans la soirée !
Youpi, on peut partir le lendemain pour passer les Birvidaux, la Teignouse et atterrir à Port Haliguen comme prévu !