Ca ne gêne pas de faire un 8, mais c’est pas ça qui vous fera avancer ! Le geste, c’est un simple aller retour de droite à gauche, puis de gauche à droite, en changeant l’angle de la pelle arrivé en bout de course, quand on change de sens.
Déplacement de la pelle :
1) Immerger la pelle à droite ; l’incliner et l’amener à gauche en gardant la même inclinaison, 2) Changer l’inclinaison de la pelle, 3) La ramener à droite en gardant la même inclinaison, 4) Reprendre l’inclinaison du départ, la déplacer vers la gauche comme en 1)
Mouvement des mains :
Les mains restent serrées sur le manche pendant tout le mouvement (le manche ne tourne pas dans les mains, mais tourne avec les mains !)
Par ce samedi ensoleillé du début de mois de février, il règne une bonne odeur de bois fraichement coupé sur la rive droite du port Rhu. Sous le hangar de Treizour, de nombreux bénévoles s’activent autour de Volonté pour la remettre en état de naviguer. Jean-Claude Prat détaille les travaux entrepris avant que le bateau ne retrouve le chemin de l’eau.
Jean-Claude Prat détaille les différents travaux entrepris sur les yoles de Bantry durant l’hivernage.
Le renfort de Sarah Mahler et de Victor Melchy, charpentiers de marine et adhérents de l’association a permis d’avancer plus rapidement sur certaines parties du bateau. Jean-Claude Prat précise : « Ils ont tous les deux bossé sur les plats-bords et jambettes de Sérénité pour tailler et ajuster les pièces avant la pose« . Victor a également participé à la pose des rivets.
Outre le travail sur les jambettes, les plat-bords de Sérénité ont été repris.
Dans un sourire, Jean-Claude invite les curieux à rejoindre les volontaires : « au hangar de Treizour les samedis après-midi pour travailler sur les bateaux, partager les savoirs et apprendre. L’ambiance y est bienveillante et chaleureuse, la convivialité est aussi dans notre ADN« .
« L’ambiance est chaleureuse », souligne Jean-Claude Prat. Photos Fabrice Odéon pour Treizour
Le programme des prochaines navigations est copieux :
Le Défi Breton 2026 propose une première sortie magique du 14 au 17 mai dans le Golfe du Morbihan. http://www.vpgm.org/
Un nouveau projet de fête maritime sur l’Odet (de Loctudy à Bénodet, puis jusqu’à Quimper et retour à Bénodet) les 23 et 24 mai.
Lanvéoc – Spered et Treizour ont prévu de naviguer de concert en Rade de Brest du 27 au 30 août 2026.
Le 5 septembre au Tinduff, Diwan organise Fest ar mor une fête pour les enfants, un moment très joyeux dans un cadre magique. Le Plaisir est chaque fois garanti.
Cap Glénan 2026, les 11, 12 et 13 septembre, Volonté partira en virée de fin d’été avec Spered ar mor et VPGM
La Bogue d’Or à Redon du 23 au 25 octobre, une dernière sortie d’automne très atypique qui nous a enchantés en 2025.
Un cours de navigation astronomique a débuté le 13 janvier et jusqu’au 10 février avec le navigateur Patrick Chalmeau comme instructeur. Le cours rencontre un grand succès auprès des adhérents, au moins vingt personnes assidues sont présentes tout les mardi soir de 18h à 20h. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça remue les méninges…
Théorie et découverte des instruments, le sextant et son ancêtre l’octant…
La disparition de Claude Peron laisse un grand vide pour tous les treizouriens qui connaissaient sa signature autant que son sourire. Claudio, comme il avait choisi qu’on l’appelle, est parti par une nuit de novembre.
Il confiait volontiers que quand il était arrivé à Douarnenez, il y a une quinzaine d’années, il ne “connaissait rien aux bateaux” et plus que ceux-ci, c’était celles et ceux qui naviguent qui lui importaient.
N’empêche, cet ancien séminariste de Pont-Croix, devenu chauffeur routier en Savoie pour faire vivre sa famille était devenu au fil des ans et des manifestations une figure incontournable de Treizour.
Si il prenait part à tous les chantiers, il ne pouvait être question de bateaux “pop pop” sans qu’il ne soit cité. C’est lui qui assurait la navigation de ces bateaux animés à la flamme d’une bougie pour le plus grand plaisir des apprentis navigateurs.
Pour autant Claudio ne restait pas à quai et était qualifié chef de bord, même si comme le remarqua un orateur lors de l’hommage rendu à Claude “ il ne savait pas faire un noeud de chaise”.
Une foule impressionnante était présente à l’hommage rendu au Hangar de Treizour pour accompagner ce fidèle compagnon.
Claudio, c’était aussi un regard espiègle, un large sourire, une bienveillance immédiate.
Ce sont les premiers mots de Gaëlle de la SRD, le mardi 5 août, quand je lui annonce que Treizour ne pourra pas participer, cette année à la Penn Sardin Series du 10 août
« Quel dommage, Claude, car vos bateaux ont toujours beaucoup de succès, et ça fait de belles photos… »
« Ouais, Gaëlle, mais, cette année, Telenn est sur la cale de carénage pour inspection, Joséphine est en vadrouille avec Maud et le Carrousail, pas sûr que la restauration d’An Alarc’h sera finie pour dimanche, et nous n’avons pas de chef de bord pour notre yole de Bantry « Volonté »…
Du coup je raccroche car: à l’impossible nul n’est tenu. Mais, je ne sais pourquoi, je la rappelle 5 minutes plus tard…
« Ecoute Gaëlle, on est mardi, il reste 5 jours, on raconte des histoires de bouteille à la mer, je vais essayer. Peut-être qu’on peut sortir seulement à l’aviron pour que vous ayez au moins un joli bateau de patrimoine sur le plan d’eau… »
Et j’envoie un mail à tous les adhérents de Treizour qui commence par ces mots : « Je viens de recevoir un message de la SRD qui se désole qu’aucun des bateaux de la plus belle association nautique de Douarnenez ne participe à la prochaine Penn Sardin Series de dimanche… » Ok, ce ne sont pas tout à fait les mots de Gaëlle, mais j’ai interprété leur esprit…
La première adhérente à trouver « la bouteille » fut Marilyn, suivi de Didier qui m’offaient leurs bras… Un coup de fil de Jean-Claude qui dit qu’il va émettre un framadate: nous voilà 4 ! C’est bon, je vais pouvoir dire à Gaëlle que j’ai essayé, mais on ne sort pas la yole à 4 ! Ouf, pour un mot imprudent à Gaëlle, j’ai cru que j’allais devoir organiser cette sortie… Une sortie de yole organisée par Claudio, franchement, on va où, là…!!!
Et puis, jeudi vers 17h, comme après chaque animation de godille sur les estacades du musée, on va se boire un coup au Tribord; ce jour-là, il y avait Marilyn et Jean-Bernard, et j’avais invité Amandine B. que je n’avais pas vue depuis quelques jours, à nous rejoindre. Je raconte mon idée stupide de sortir dimanche à l’aviron avec la yole en précisant qu’on ne va pas pouvoir le faire, car nous ne sommes que 4 ! Mais non, tu n’as pas dû regarder le framadate dit Jean-Bernard, nous sommes 7, en plus Isabelle s’est inscrite et je vais demander à Françoise de venir aussi: ça fera 8… Ah, dit Amandine: si vous cherchez des équipiers, moi j’ai la famille de Sophie et Marco de Lyon qui est là, ils sont 5… Ben voilà, on en est à 13, c’est malin, merci les copains !!! je fais quoi, moi, maintenant ?? C’était juste un joke…
« Allo Gaëlle, ben tout compte fait, on va sortir avec Volonté, même Isabelle sera là. Elle va rentrer plus tôt de son week-end, mais laissera Marilyn être cheffe de bord. Du fait de l’équipage peu expérimenté nous ne participerons pas à ta régate, mais Treizour sera sur l’eau… »
« C’est trop bien, Claude ! vous êtes mes invités, je peux même te donner un drapeau de la SRD… »
Ben, c’est ainsi que le dimanche à 13h30, nous nous sommes retrouvés, à 13, à embarquer sur Volonté au ponton de Tréboul… Et puis, au moment du « 4heures », Gaëtan a dit: on pourrait pas se baigner ?Ben si ! qu’on a dit…
Une minute après, il était dans l’eau, suivi par Marco et Didier… Quant à Théo, comme vous pouvez le voir sur la première photo, il avait choisi les airs avant de goûter au bonheur de se retrouver dans l’eau de la baie de Douarnenez… A entendre la satisfaction de tous, ça n’était pas si con comme idée… Ah, cette asso de Treizour, quand même !!!
Je laisserai le dernier mot à Gaëlle qui m’a envoyé cette « super » photo, prise depuis le Rheun. Je suppose qu’elle a voulu photographier son drapeau, ou pas…
Tout a commencé par une sérénade, celle de troubadours-charpentiers de marine, de la dernière cuvée des Ateliers de l’Enfer, escortés d’un trublion berlinois. Juste avant l’aube, ils sont venus rendre hommage au bateau ambassadeur de Douarnenez, An Eostig (Le Rossignol en breton) en partance pour Sein, avec un équipage de Treizour. Pour rallier l’île, dans une lumière encore incertaine, la chaloupe à la coque noire et aux voiles cuivrées met le cap sur… la rade de Brest ! Les marins savent que le meilleur chemin est celui qui permet de retrouver les amis, même si c’est un gros détour ! Car en ce samedi 28 juin, la grande famille des vieux gréements a rendez-vous bien plus au nord, au port du Tinduff, avec une de leurs figures tutélaires : Notre Dame de Rumengol, qui souffle ses 80 bougies. Un an après les fêtes maritimes de Brest et Douarnenez, les 11 équipiers menés par leur capitaine Nicolas Corre, aka « Choco » se réapproprient en douceur grâce à un vent léger (trop parfois) ce Rossignol exigeant aux dimensions XL où l’effort se doit d’être collectif et hautement coordonné. Passés les Tas de Pois, puis le goulet de Brest, et après la visite surprise d’une « sardine » à la coque en inox étincelante qui voulait recroiser la route de « Don Choco » et du Rossignol, c’est un Tinduff rempli de voiles traditionnelles qui apparaît à l’horizon. Au milieu de ses vieux amis, Notre Dame de Rumengol, pimpante après son passage au chantier du Guip à Brest, tire des bords avec allégresse. Au moment de se croiser, An Eostig entonne à plein poumon un « Joyeux aaaaaanniversaaaaaire », à la grande joie des amis du bord d’en face ! Volonté, la yole de Bantry de Treizour est aussi de la fête, tout comme Gondawa des Charpentiers de grève. Le plan d’eau vibrionne : ça régate, les bras s’agitent, les visages s’illuminent, les manœuvres s’enchaînent… Encore quelques pirouettes dans le port du Tinduff, et le Rossignol fait sa première pause, presque 14 heures après son départ, sur la bouée prêtée par le beau coquillier de la rade Loch Monna. Il s’endort sous une pluie d’étoiles, bercé par les notes chaleureuses du bal Floc’h. Dimanche, sur une mer qui scintille sous les premiers rayons du soleil, An Eostig repart vers son objectif initial. Entre un vent décidément faible et la nécessaire attente du bon moment de la marée pour accéder à l’île de Sein, sertie de récifs, la navigation s’étire de longues heures. Enfin la silhouette de son phare majestueux noir et blanc se profile. Le plus dur reste à faire : entrer dans le chenal et trouver notre place dans le port. Au son des annonces de profondeur d’eau et des instructions du capitaine à la barre, la concentration atteint son paroxysme pour se faufiler entre rochers, bouées et petites embarcations. Après une série de virements serrés et le jet de l’ancre, la chaloupe s’arrête d’un coup à quelques mètres du quai, avec une précision saluée par une salve d’applaudissements. Les (nouvelles) béquilles sont aussitôt mises en place pour permettre l’échouage en toute sécurité du navire qui révélera par la même occasion ses courbes parfaites à marée basse. Après deux jours intenses de navigation, le lundi c’est relâche. Le bateau s’éparpille pour mieux se retrouver plus tard. Sur le quai, les questions fusent, tout comme les photos. L’équipage explique avec plaisir l’histoire de cette chaloupe emblématique, sortie en septembre 2023 des chantiers de rénovation du Port-Musée et qui n’avait pas navigué pendant 30 ans. Les Sénans ont l’habitude de voir Telenn Mor, mais An Eostig, c’est une rareté, et personne ne boude son plaisir. Mardi, le Rossignol a rendez-vous avec une autre légende : Ar-Men. Encore une navigation exigeante, qui prendra une bonne journée et nécessitera toute la dextérité du capitaine et des deux cartographes. Quand sous son plus beau jour, loin de sa réputation d’« Enfer des enfers », le phare mythique s’élève à quelques encablures d’An Eostig, l’émotion est palpable. Au retour, pour fêter cette journée hors du commun, une tournée d’huîtres est dégustée au pied du phare de Sein. Car si la vie sur les chaloupes, dépourvues de tout confort ou intimité, impose la plus grande simplicité (et une bonne entente), il est un point sur lequel les équipiers de Treizour transigent rarement : la qualité des repas, assurés chacun son tour. Toujours gourmands, gastronomiques même parfois, mais sans jamais rien gaspiller. Réinstallés dans le port de Sein pour une dernière nuit, la petite équipe plus soudée que jamais se dirige vers le Guéveur, la corne de brume désormais désaffectée, pour admirer le coucher du soleil. Sous un ciel nuageux, il se résume finalement à une rayure. Rose fluo ? Non… « fushoua ! » lance soudain un coéquipier, déclenchant un fou rire qui mettra du temps à s’éteindre… jusqu’à ce qu’Ar-Men s’allume, sous nos yeux et dans nos coeurs où ces trois éclats toutes les 20 secondes ne seront plus jamais de simples petites lumières à l’horizon. La nuit est encore jeune comme disent les anglais-saxons et elle se referme sur une soirée pleine de joie où il fut question, entre autres, d’une boîte de gâteaux Traou Mad, de vanille, d’une invasion de Huns, d’un escargot en plein record de vitesse, d’un petit sushi et d’une frite dans un coin… La navigation de retour nous ramène sur terre… avec une sortie tonique du port. Les voiles sont réduites au minimum (5 ris chacune) pour donner le moins de prise possible à un vent bien réveillé. Le raz de Sein facétieux est en mode gros bouillon et la baie de Douarnenez nous accueille avec une franche houle, surfée avec grâce par la belle coque en bois d’An Eostig. Le voyage se termine par une figure de style comme Choco en a le secret : un tête à queue créneau exécuté au millimètre, en un coup, au ponton de Treboul, sous les vivats de son équipage fier et heureux d’avoir fait voler une nouvelle fois le Rossignol de Douarnenez.