Selon les présents à bord, il soufflait dans les voiles « un bon p’tit zef » pour la première prise de poste de Carmen en tant que cheffe de bord. Une première qui a eut lieu sous sous l’oeil vigilant et bienveillant de Rose. Victor et Philippe étaient les deux seconds. Sophie, Maude, Lucas et Jacob formaient l’équipage.
Pour préparer les futures croisières une réunion « intendance cambuse » s’est déroulée le 22 avril. Au programme de ce rendez-vous : inspection de la cambuse et des bidons, définitions des rôles, objets et ingrédients indispensables à bord. Les participants ont noté que dans la liste « cantine » il manque une énorme quantité de chocolat… Une denrée qui est le gage d’une navigation réussie.
Des équipiers et un capitaine heureux à Brest sur An Eostig
Les cales pleines de formidables souvenirs des Fêtes maritimes de Brest et Douarnenez, An Eostig (« Le Rossignol » en breton), bateau ambassadeur de la cité Penn Sardin, a retrouvé son nid au Port-Musée fin juillet. Parti le 10 juillet du port de Tréboul avec son équipage de bénévoles de l’association Treizour, l’oiseau rare, qui n’avait pas navigué depuis presque 30 ans, n’a pas ménagé ses efforts pour tenir son rang au milieu d’un aréopage fringant de vieux gréements tous plus beaux les uns que les autres, réunis pour des fêtes comme le Finistère n’en avait pas connues d’aussi fastes depuis huit ans. Pour les équipiers et leurs deux capitaines/formateurs de la mairie, Nicolas Corre et Bruno Lehuédé, c’était l’aboutissement de quatre mois d’entraînement intensif, au cours desquels chacun avait un poste précis tant pour les manœuvres que pour la vie à bord. Défi relevé, haut l’aviron ! Des redoutés Tas de Pois, au créneau serré sur le Quai Malbert à Brest, le Rossignol n’a pas failli, volant sur les flots avec une simple brise, se faisant largement remarquer par sa coque noire pimpante, ses larges voiles tannées de frais et ses manœuvres au cordeau. Comment oublier l’arrivée, en toute intimité, dans une nuée de voiles serrées, dans le port de Brest et le regard médusé du pilote du Zodiac de sécurité découvrant qu’An Eostig venait de faire tout ça sans moteur… Sur les pontons brestois, la magnifique exposition conçue par Jacques Van Geen sur L’Epopée sardinière, transportée dans les cales, et montée dès l’arrivée par tout l’équipage et son créateur, a aussi attiré beaucoup de curieux et suscité des échanges riches et nombreux. « An Eostig, si je m’attendais, je ne pensais jamais la revoir naviguer, cette chaloupe sardinière de Douarnenez », s’est exclamé un passionné qui réservait des tournées de croissants à ses bateaux préférés. La vie à bord a aussi captivé les passants : « vous dormez à bord, mais vous êtes combien ? Et vous tenez à 12 là-dessous ? ». Un petit tour sous le pont, où sans pouvoir tenir debout, il faut slalomer entre les barres de plombs, l’ossature du navire, les hamacs serrés en échappant aux flaques de fond de cale, achevait de les convaincre de notre passion pour ce bateau. Les repas sur le tolenn avec la tête du cuisinier du jour qui dépasse de la trappe d’accès et envoie les plats dans la bonne humeur ont aussi clairement fait recette ! Pour la Grande Parade du retour à la maison, moment unique s’il en est entre Tas de Pois et Abeille Bourbon toute en geysers, Camille Gontier, le président des Fêtes maritimes de Douarnenez nous a fait l’honneur d’un long passage à bord. Pour l’occasion, notre capitaine de croisière, Nicolas, a déroulé les voiles rouges, avec un ballet improvisé de configurations de toiles inédites pour capter la moindre parcelle de vent dans cette journée « pétoleuse » : fierté et joie à bord ! Revenir dans la baie familière de Douarnenez, retrouver le décor de choix du Rosmeur, les Treizouriens, notre deuxième capitaine Bruno, resté à Douarnenez pour veiller sur Telenn Mor, virer au ras des quais devant des spectateurs ravis, régater pleine voile avec des bateaux de légende et accueillir tous les curieux de passage sur le pont à la nuit tombée… un vrai bouquet final pour le Rossignol ! De retour au Port-Rhu, sagement amarré à coté du Roi Gradlon, An Eostig continue à voir défiler les visiteurs et rêve déjà à ses futures aventures au large !
Nous avons appris, avec tristesse, le naufrage du navire De Gallant survenu ce 21 mai et la disparition de deux membres de son équipage.
Ce navire de transport à la voile faisait partie du paysage douarneniste et beaucoup de Treizouriens et de Treizouriennes sont proches de ces personnes.
Treizour souhaite donc manifester son émoi face à cette tragédie.
Cette photo qui m’a été donnée par la capitainerie du port de Tréboul, date du 25 février 2024, et elle est la dernière image du Gallant qui quitte Douarnenez, pour toujours…
Une cagnotte de soutien aux membres de l’équipage est en ligne, vous pouvez y participer et y laisser un message :
Dix ans après la construction du Telenn-Mor par l’association Treizour, une autre authentique chaloupe sardinière bretonne a été mise à l’eau en 1993. Comme Telenn mor, elle fut conçue par l’architecte naval Jean-Pierre Philippe et construite dans le cadre du concours « Patrimoine des côtes et fleuves de France », patronné par le magazine Chasse-marée. Elle a pris le nom de An Eostig (« le rossignol » en breton), comme l’anse de Pors An Eostig, dans la ria de Pouldavid.
Les premières navigations ont laissé le souvenir d’un bateau difficile d’accès. C’est pourquoi, la chaloupe est restée près de 30 ans, sans naviguer, amarrée au ponton du musée. En 2019, sortie d’eau pour l’entretien annuel du bateau, il semble qu’il faille intervenir sur les œuvres mortes, après l’intervention sur les œuvres vives effectuées l’année précédente. Le bateau ne pouvant être remis à l’eau, la décision est prise d’effectuer une restauration complète. On constate, alors, une attaque généralisée de champignons des bois neufs et anciens.
Le public est invité à suivre le chantier, simples passants, groupes scolaires, visiteurs du Port-musée, visiteurs de l’office du tourisme, chacun peut découvrir les particularités de la construction navale et échanger avec les charpentiers. Les travaux sont réalisés pour rendre de la navigabilité au navire; ce choix permet de reprendre les navigations, comme celles réalisées en 1993 avec Treizour et le centre nautique.
Extrait de l’allocution de Jocelyne Poitevin, maire, lors de la mise à l’eau officielle, le 14 septembre 2023 :« Je souhaite saluer le travail des agents du Port-musée. Grâce à eux, ce bateau, qui était bien malade, a aujourd’hui fière allure. Le Port-musée a un savoir-faire qu’il faut s’approprier. C’est une structure vivante, qui bouge et redonne vie à des navires. An Eostig naviguera et représentera la ville de Douarnenez, lors des fêtes maritimes 2024.Merci également aux associations qui l’anime.»
Et, l’association qui l’anime, c’est Treizour ! Extrait de la convention entre la ville de Douarnenez et Treizour:
« L’association Treizour, amis du port-musée, se propose de fournir les équipiers nécessaires à la navigation: La chaloupe étant un bateau municipal, la formation de l’équipage sera assurée par du personnel communal. Treizour apportera son soutien logistique et son savoir-faire pour la pose du lest à l’intérieur de la chaloupe et le tannage des voiles.»
Et donc, samedi 27 février, nous avons envahi le pont du Nizwa (boutre de la mer d’Oman) dont Jocelyn, le propriétaire, a offert les 2 tonnes de lest de son bateau pour lester An Eostig qui n’avait pas été lestée, à l’origine…
Laurent P. nous avait prévenu : bottes et gants de rigueur l’avertissement n’était pas inutile… Peut-être plusieurs dizaines (on n’a pas compté) de sacs, à moitié crevés et baignant dans une eau noirâtre. Au gré de ses choix, chacun a opté pour une des issues qui semblaient accéder à la cale.
A droite de la photo, un accès pour « petits modèles », car elles se sont aperçues que pour remonter, il fallait choisir entre l’épaule et le sac…d’où le travail d’équipe !
Le « modus operandi » choisi par Laurent était de transborder les sacs sur un ponton installé à couple du Nizwa et d’amener le tout à couple d’An Eostig
Le nombre et l’efficacité des treizouriens ont permis à la phase suivante de se réaliser dans la foulée, à la grande satisfaction de Laurent: transborder tous les sacs du ponton, sur le pont d’An Eostig
Il restait à doubler les anciens sacs percés par des sacs neufs et de ficeler le tout, avec du bout de récup’…
Après coup, nous avons évalué que chaque sac a dû être manipulé une bonne dizaine de fois. Soit un total de 20 tonnes passées dans des bras treizouriens…
Comme chaque année depuis 3 ans, la yole Volonté a participé à la fête « Le temps d’une marée » dans la rivière du Faou. L’année dernière, Bernard Ficatier. avait titré « une histoire de Faou », j’ai tenu à prolonger sa déclinaison sur le même thème…
Récit de Pierre-Yves
Samedi 19 août nous quittons Douarnenez de bonne heure pour mettre VOLONTE à l’eau au port du Tinduff à Plougastel- Daoulas. Nous y retrouvons Didier Cariou et son doris.
Après un bord avec 2 ris dans le taille-vent et 1 ris dans la misaine pour dépasser la pointe du Bindy, nous pique-niquons à l’abri du « sillon des anglais » à Landévennec. Deux « Ilur » ont la même idée; petit rassemblement déjà bien sympa.
« Le Sillon des Anglais à l’Ouest de Landévennec, sur la rive de l’Aulne est une flèche géologique! Après une période glaciaire, la terre s’est transformée en boue, et de l’argile, des graviers, des matériaux issus de l’ère Quaternaire ont « déboulé » et se sont retrouvés sur la rive de l’Aulne. Le niveau de la mer est remonté. Les marées ont charrié les matériaux en emportant les particules fines dans le courant laissant sur place les galets… »
L’après-midi nous décidons de remonter la rivière de l’hôpital-Camfrout. La marée basse nous arrête à la cale de Kerascoet. Même si le retour est fatiguant à l’aviron contre le vent et le courant, c’est un clin d’œil à cette cale aujourd’hui endormie mais qui fut un des ports les plus importants de la rade pour les sloops coquilliers que nous retrouverons le soir au Faou.
A 17h, après quelques bords devant Landévennec avec les bateaux en direction du Faou, nous faisons route dans le chenal vers le port, la fête et le public. Nous nous amarrons au quai avec les commentaires de Michel Philippe !
Yvon nous avait rejoints avec son canoë
C’est une fête vraiment très sympa de part son organisation au top, sa taille raisonnable et le site. Le soir, sur le quai, nous partageons avec l’équipage complété par Didier, Yvon, Babeth et Henri, un excellent kig ha farz de la mer !!! Je recommande vivement.
Départ le dimanche matin à 9h, nous faisons route vers le Tinduff avec les étapes apéritives et déjeunatoires à Landévennec et à nouveau au « Sillon des Anglais »
Et il est déjà temps de sortir la yole de l’eau…
Avant de rentrer à Douarnenez, une pause à la buvette du vide-grenier organisé dimanche par l’association « Marie-Claudine » nous donne plein d’infos sur la chaloupe de Plougastel et son gréement 18ème. Au 18ème la vergue était apiquée vers l’arrière et la voile d’avant fait penser à… notre tape-cul
Merci à l’équipage (Claude, Géraldine, Pauline, Olivier, Jean-Bernard, Sonia, Marylène, Laure, Yvon), à Claude (io) pour la logistique et bien sûr aux bénévoles sans qui tout ça n’existerait pas.
Nous serons à nouveau au Tinduff le samedi 16 septembre pour « Fest ar Mor » organisée par Diwan Plougastel. Que diriez-vous de venir avec nous ?
Pierre-Yves Le Gall
NDLR
Peut-être une occasion pour Joséphine de mettre en pratique les « formations croisière » pour venir nous rejoindre…